Vol 35 – Chavenay – Blois – Le Mans

Il est tout juste 13h quand j’arrive à l’aéroclub ce Jeudi 9 Mai, mon dessert pas tout à fait terminé, je m’empresse de le finir pour finaliser les derniers éléments de cette navigation à destination de Blois puis du Mans pour ma part et d’Alencon puis Chavenay pour Aurélien.

On récupère les NOTAM, regarde le carnet de route du XD, il lui reste 2h30 d’autonomie ce qui signifie que nous devrons passer à la pompe avant le départ. Oumeima arrive tout juste de son vol précédent et nous lui proposons d’aller faire le plein pendant qu’elle mange, ce qu’elle accepte.

On effectue les purges, la visite prévol, on sort l’avion du hangar et nous voilà tous les deux aux commandes du XD, sans instructeur, mais dans le simple but d’aller faire de l’essence. Essence faite, nous revenons à l’aéroclub et présentons notre plan de vol à Oumeima

Le plan de vol jusqu’au Mans est le suivant :

  • Cap sur la N12 à Méré (où la N12 et la voie de chemin de fer se sépare)
  • Cap 200° avec comme points de repères Epernon, Chartres, Chateaudun, un coude du Loir puis Blois
  • A Blois, Cap 280° en passant par Montoire sur le Loir puis Le Mans

Oumeima valide, on s’installe et je décolle depuis la 23. Je quitte la fréquence peu après l’incinérateur et je me mets en direction de mon premier point tournant (la N12). Je l’aperçois, initie mon virage, je reste à 1900 pieds pour le moment jusqu’à Epernon. Ca turbule pas mal, j’ai des difficultés à conserver mon altitude, malgré le compensateur, l’avion se met tantôt à monter, tantôt à descendre. Je maintiens tant bien que mal mais cela oblige à un effort supplémentaire. Ensuite, les choses ses gâtent : je ne vois pas Epernon. J’ai beau chercher sur la carte, je vois bien une grosse ville mais elle est devant moi alors qu’elle devrait être sur ma droite. Oumeima me confirme que je suis bien trop à l’Ouest et qu’Epernon est la ville située sur ma gauche et Maintenon en face de moi.

Bon, qu’à cela ne tienne, je corrige mon cap en revenant travers Epernon avec la ville sur ma droite et je continue sur mon cap précédent (200°). Je dois passer travers Chartres avec la ville sur ma gauche mais je me retrouve légèrement à droite de nouveau et suis obligé de contourner par l’Est pour reprendre ma bonne trajectoire.

Prochain objectif : Chateaudun et sa piste en dur ! Je contacte la TMA d’Orleans qui m’indique qu’elle n’est pas active et que je suis en classe Golf. Soit, je reste en veille sur la fréquence de Chateaudun, histoire de. Je devrais passer travers Chateaudun en effectuant une vertical terrain avec la ville sur ma droite mais je me retrouve de nouveau bien trop à l’Est avec la piste en dur à environ 5 nautiques sur ma gauche ! J’essaye de récupérer ma trajectoire en me repositionnant dans la continuité de l’aérodrome et de conserver mon cap pour atteindre Blois.

Le terrain est positionné bien au Nord de la ville (à environ 10 nautiques). Si j’aperçois la ville, c’est qu’il est trop tard :). Vu me mésaventures précédentes, je sais que je vais galérer et que forcément le terrain sera sur ma gauche alors que j’aurais dû arriver droit dessus. A 3 minutes du terrain, je contacte l’AFIS qui me répond avec un bel accent chantant que je peux rappeler en vue du terrain. Et là, j’ai beau chercher, je ne trouve absolument pas le terrain et impossible de me repositionner sur la carte malgré les recherches de points caractéristiques. Finalement, j’opte pour un virage vers l’Est sachant que le terrain serait dans cette direction. J’aperçois finalement les hangars et m’annonce verticale pour une intégration en piste 12 dur. A la verticale, je réduis les gaz et descends à l’altitude du tour de piste (1400 pieds), configure mon avion en vent arrière et commence mon approche à compter du virage en base. Tout se passe bien, je suis parfait sur mon plan, je mets les pleins volets, je suis à la bonne vitesse en finale, sur le bon plan et sur l’axe, tout va bien. En courte finale, je rétablis les palonniers parallèles et je commence mon arrondi à quelques mètres du sol. Je touche nickel, me pose mais l’avion effectue une sévère embardée sur la gauche que j’essaie de contenir en appuyant sur le palonnier droit mais pas suffisamment. Oumeima reprend la main, appuie très fortement sur le palonnier droit, on se réaligne et on repart. C’était chaud, je n’ai pas compris pourquoi l’avion s’est autant laissé emporter, je suis conscient que les pistes en dur sont plus sensibles mais c’est bien au-delà de ce que j’ai pu rencontrer à Cergy.

Je repars en sortie à droite puis m’aligne depuis la verticale terrain direction Le Mans au cap 280° (léger vent du Sud, nécessitant une adaptation de ma route initiale à 290°). Temps estimé : 25 min. On traverse de très nombreux pâturages, la ville de Montoire sur le Loir puis nous sommes finalement en visibilité du Mans. Le terrain étant au Sud de la ville, je le repère quasi immédiatement, m’annonce auprès de l’AFIS et m’intègre en milieu de vent arrière, mais beaucoup trop vite, ce qui fait qu’arrivé en base, un autre avion avait décidé de s’aligner et de décoller (ce qui est moyen quand même…), m’empêche de pouvoir me poser. J’effectue alors une remise de gaz et me réintègre dans le circuit mais avec mon compagnon en parallèle…J’effectue un tour de piste pas très académique mais qui permet de m’éloigner petit à petit de cet élément gênant. Je suis en finale alors qu’il vient tout juste de toucher, l’AFIS n’effectuant pas la séparation, c’est à moi de décider si on se pose. Je considère que c’est OK, touche, me pose et l’avion part cette fois sur la droite mais pas de manière aussi spectaculaire qu’à Blois. Je rétablis, toujours avec l’aide d’Oumeima et on se gare au parking juste à coté de la pompe. On en profite pour refaire le plein et s’arrêter à l’aéroport (oui parce qu’il s’agit d’un aéroport) afin de boire un coup.

Retour par Aurélien en sortie par le sud du Mans, direction Alençon en longeant l’autoroute. Toucher sur la piste, extrêmement courte (en 2 essais) puis direction Chavenay en passant par Mortagne, Senonches, Dreux , Houdan. On monte à 4500 pieds, Oumeima nous montre comment diminuer la mixture et le vol se passe très bien, sans réelles turbulences, ni erreur de sa part.

Pour faire un bilan de cette nav, je suis malgré tout satisfait de moi, le navigation étant plutôt ardue, je trouve que sur l’aspect radio, trajectoire et pilotage, je me suis pas mal débrouillé (même si je me suis perdu à Blois, j’ai quand même gardé mon calme et pris la bonne décision de repartir vers l’Est). Je suis également satisfait de mon intégration à Blois qui était impeccable et celle du Mans qui n’était pas mal non plus (il faut par contre que je diminue les gaz dès l’intégration en vent arrière car j’étais vraiment trop rapide). Reste les atterrissages sur les 2 pistes en durs, je ne sais vraiment pas ce qu’il s’est passé mais je vais devoir les travailler sérieusement car je ne peux pas me faire peur à chaque fois comme ça. Je ressors globalement satisfait de ma prestation, la nav a duré 2h02 et je n’ai pas subi de fatigues extrêmes (sur le moment parce qu’après…), j’étais lucide tout le long du vol.

Oumeima n’est pas tout à fait du même avis. elle partage mon constat sur le pilotage, la radio et les intégrations mais considère que j’ai mal géré ma perte de repère à Blois et que cela est dû à mes points de repères trop imprécis (travers ligne TGV par exemple). Elle est aussi très étonné des atterrissages sur les pistes en durs et mon manque de maîtrise pour le rétablissement. Elle considère qu’il me manque encore un vol pour me lâcher en nav solo mais que c’est bon pour Aurélien qui a effectué un vol sans accroc.

HdV : 2h02 / Total CDB : 2h08 / Total HdV : 38h33 / Avion : DR400 F-GMXD

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