Après 2 semaines de vacances bien méritées à l’île Maurice, je me rends à l’aéroclub avec plein d’entrain malgré les épisodes de malchances du mois d’Août. Mon solo devrait enfin être possible mais peu de chances que ce soit aujourd’hui après 2 semaines d’inactivité.
Je retrouve mon XC favori, effectue ma prévol tranquillement, écoute l’ATIS et passe un coup sur la verrière, qui est vraiment bien sale. En attendant Jean-Michel, je me remémore les grandes étapes du tour de piste que j’ai travaillé régulièrement pendant mes vacances. Une fois Jean-Michel à bord, je demande l’autorisation à la tour de rouler au point d’arrêt de la 23, que j’obtiens. Une fois au point d’arrêt, je fais mes essais moteur comme à mon habitude et nous pouvons décoller.
Le premier tour de piste se passe à merveille, mes virages sont nickels, mon approche et mon plan sont parfaits, je me pose comme une fleur sur la piste et repars pour un deuxième. Jean-Michel me refait son désormais fréquent « En forme ? ». Je lui réponds que forcément, après 2 semaines de vacances, je suis plutôt en forme. Je finis mon 2ème tour de piste sur le même rythme que le premier, avec très peu d’erreurs (hormis l’arrondi toujours un peu léger). Jean-Michel reprend alors la main, contactes la tour pour se déposer lui-même et me laisser partir en solo.
Putain ca y est ! Après 23 cours, plus de 23h de vol en double commandes, je vais enfin être lâché ! J’ai le palpitant à 200 à l’heure, j’ai des sensations intenses dans le ventre qui ne s’apparente pas à de la peur mais à de l’excitation, je vais vraiment voler tout seul ! Jean-Michel me briefe en me demandant de ne réaliser qu’un seul tour de piste et si je me sens bien, je repars ensuite pour un deuxième. Il sort ensuite de l’avion et monte tranquillement à la tour pendant que je me retrouve seul à devoir démarrer mon avion.
HdV : 0h25 / Total : 23h15 / Avion : DR400 F-GUXC
Déjà, ca commence mal, je n’arrive pas à démarrer le moteur. Étant donné qu’il est chaud, je n’ai effectué que 2 injections de carburant mais rien à faire il ne veut pas démarrer. Ayant l’habitude de ce type de situation avec les fortes chaleurs de Juillet, je positionne le mélangeur à plein pauvre et tente un nouvel allumage. Le moteur se lance mais j’oublie de remettre en plein riche et il cale. Je retente l’expérience 2 fois avant d’arriver finalement à le démarrer.
Le moteur est démarré, je contacte la tour et obtient l’autorisation de me présenter au point d’arrêt de la piste 23. Une fois arrivé, j’effectue mes essais moteur encore plus consciencieusement que d’habitude et vérifie 3 fois l’ensemble des voyants et autres interrupteurs. J’indique à la tour que je prêt et obtient l’autorisation de décoller. Je m’aligne et pousse les gaz à fond, je suis en transe, focalisé sur le moindre de mes gestes que j’effectue avec la plus grande précision. La vitesse augmente rapidement et j’effectue ma rotation beaucoup plus vite que d’habitude, rotation qui est violente car l’avion monte très rapidement (il a gagné 100 kilos au passage :)). Je voooooollllllleeeeeeeee ! Oui je vole ! Et tout seul en plus 🙂 !
J’arrive très vite à 500 pieds, effectue mon premier virage en solo puis rentre les volets et éteins la pompe. Je suis en vent arrière et communique à la tour ma volonté d’effectuer un complet, où je suis n°1. Arrivé en base, je commence la descente puis je fais un dernier virage pour la finale. Mon plan est parfait, ma vitesse n’a même pas besoin d’être corrigée, tout va pour le mieux pour ce premier atterrissage en solo. J’approche de la piste, coupe les gaz et me pose, plutôt proprement. Je freine, je sors de la piste puis demande l’autorisation de me repositionner au point d’arrêt de la 23, que j’obtiens.
Ne sachant pas trop si je devais refaire ou non mes essais moteur (le moteur n’a pas été éteint mais cela aurait du sens de les refaire avant le décollage pour s’assurer de la puissance disponible), je les refais dans le doute, préférant perdre du temps que perdre la vie :). J’obtiens ensuite l’autorisation de décoller, je m’aligne et je redécolle.
Le deuxième tour se passe tout aussi bien à l’exception près qu’un ULM est venu s’intégrer en base à quelques centaines de mètres de moi, sans s’annoncer ni sans avoir eu d’autorisation quelconque. L’ULM s’intègre bien mais j’ai beau faire des grands virages pour perdre du temps et ne pas le rattraper, je suis obligé de remettre les gaz. La tour engueule royalement l’ULM devant moi mais je ne suis pas mécontent ca va me faire quelques minutes de plus en vol 🙂 Je réintègre le circuit par la vent arrière et je finis par me poser tranquillement. Je sors de la piste et me dirige ensuite vers le parking Dassault.
Je coupe le moteur et souffle un bon coup ! Je l’ai fait ! J’ai volé tout seul, après 3 mois d’efforts et d’investissement (temporel, émotionnel et financier), je peux dire que ça vaut tout l’or du monde !
Je sors de l’avion, aide Jean-Michel à le ranger puis on va débriefer ensemble dans le bureau des instructeurs. Dans l’ensemble, il est satisfait, il me reste toujours à affiner cet arrondi mais hormis cela (et le coup du démarrage avec les gaz à pauvre), ce solo était bien maîtrisé.
Je remplis ensuite mon carnet de vol où je peux inscrire mes premières heures en tant que pilote (ou commandant de bord), soit 33 minutes ! Pour fêter ca, je vais donner un grand coup de nettoyage à XC puis repars à la maison, avec des étoiles dans les yeux.
HdV : 0h33 / Total CDB : 0h33 / Total : 23h48 / Avion : DR400 F-GUXC