Vol 27 – Du bonheur

Ayant pris une demie-journée de congés pour être tranquille, j’arrive un peu avant 16h aujourd’hui, sachant que Jean-Michel aura du retard (avec des cours toute la journée depuis 11h, forcément, la ponctualité n’est pas de mise). Il est 16h35 quand l’avion de Jean-Michel se pose, j’ai attendu sereinement en étudiant consciencieusement la VAC de Pontoise car c’est normalement notre sortie du jour. J’ai beaucoup de questions car il y a des spécificités propres à Pontoise et le fait que nous survolons l’aérodrome des Mureaux pour s’y rendre.

Je récupère les clés de RY, passe un coup de glassex sur les vitres qui sont dégueulasses au possible et j’effectue la prévol. Hormis un phare HS, rien à signaler. Je rejoins Jean-Michel au Club House qui m’indique que nous partons pour un local aujourd’hui, il a envie de retenter un circuit qu’il a fait avec un de ses élèves la veille. Qu’à cela ne tienne, je connais la VAC de Pontoise par cœur maintenant mais ca sera pour une prochaine fois 🙂

Je m’installe, Jean-Michel me rejoint et nous effectuons un briefing un peu plus long à bord. On va effectuer un premier tour de piste pour reprendre ses marques, on partira ensuite en sortie par le Nord direction le château d’eau à coté de Feucherolles puis on mettra cap vers les cheminées de Porcheville. Passé Maule, on se déplacera en direction du Sud avec comme butée la N12 qui indiquera que nous devrons revenir sur Chavenay via l’incinérateur. Petite difficulté du jour, nous serons en auto-information (surnommée Bagdad ou Beyrouth pour les intimes) et nous ferons une verticale du terrain à 1800 pieds avant d’intégrer le tour de piste. Le programme est chargé mais j’ai déjà la banane à l’idée de réaliser cette sortie. Je démarre rapidement le moteur, annonce mes intentions et je roule en direction du point d’arrêt de la piste 23.

Personne dans le circuit, je m’aligne et je décolle pour un premier tour de piste qui n’est qu’une simple formalité. Je me pose, remets les gaz et je repars en sortie par le Nord comme précisé dans le programme. J’annonce ma sortie du circuit et de la fréquence, puis tourne en direction des cheminées de Porcheville. La vue est magnifique, nous sommes à 1800 pieds, il fait beau, pas trop chaud avec peu de monde dans les environs. A peine le temps de profiter, nous voici à Maule, que j’enroule pour partir en direction de Thoiry. J’ai déjà en vu le château, reconnaissable au bassin dans son prolongement (à l’identique du château de Versailles et du grand canal mais pas dans les mêmes proportions). Nous passons ensuite au dessus de la zone Safari Park du zoo, je n’aperçois pas spécialement d’animaux car je cherche à repérer les villes majeures du coin. Boissy-sans-Avoir, Garancières, La-Queue-les-Yvelines sont à portée du vue, Jean-Michel me fait relever un peu le nez pour me montrer Toussus le Noble et les pistes d’Orly dans le prolongement. Nous voilà déjà obligé de rentrer en prenant la direction de l’incinérateur. Je m’annonce et effectue une verticale terrain à 1800 pieds puis je m’intègre comme une fleur en vent arrière. Comme une fleur, c’est façon de parler parce que j’y suis allé avec un taux de descente de 1000 pieds/minutes. Pour faire office de comparaison, je suis à 400 pieds/minutes en phase d’approche lors de l’atterrissage. Jean-Michel, tout gentiment me dit qu’avec des passagers, il faudra éviter ce type d’intégration, afin d’éviter les rendus de déjeuner :), ce que j’approuve. Je me pose, sors de la piste et prend la direction du parking Dassault.

En roulant, Jean-Michel me propose de repartir en solo. Nous avons fait 45 min de vol environ, je vais bien donc je confirme que je pourrais le faire, déjà content de repartir pour des tours de piste, en solo qui plus est. J’arrête le moteur et Jean-Michel me dit « A moins que tu veuilles refaire le même trajet en local, c’est comme tu veux ». Queeeewwwwaaa ? (ndlr : Bullit dans ‘Mais qui a tué Pamela Rose?’).
Moi en solo pour un local dans les Yvelines mais c’est impensable, pas tout de suite, pas maintenant ?! Je suis encore un tout jeune pilote-élève qui n’a quasiment fait que tours de piste et à peine 4 ou 5 en solo d’ailleurs ?!

Et bien si, Jean-Michel me dit clairement qu’il a suffisamment confiance en moi pour me laisser partir en local et que si je m’en sens capable, je peux y aller. Il y a des moments dans la vie où il faut se lancer et cet instant en est un. Je ne m’étais pas vraiment poser la question si j’étais prêt mais en même temps, j’ai fait le circuit sans aucune assistance de Jean-Michel, je me suis repéré au milieu de tous ces champs et ai suivi le circuit prévu lors du briefing, donc tout devrait bien se passer. Ma seule crainte est le fait d’être en auto-information mais le circuit a l’air de se vider. Pas le temps de tergiverser 3h, je suis en forme, confiant, j’y vais ! Jean-Michel sort et va s’installer dans le bureau des instructeurs en écoute sur la radio.

HdV : 0h44 / Total CDB : 1h08 / Total : 27h33 / Avion : DR400 F-BXRY

Moteur toujours éteint, je reprend ma carte de la Région Parisienne pour refaire le circuit sur papier et confirmer les points de repères. J’allume le moteur, annonce mes intentions (pour un vol local :)) et me présente au point d’arrêt de la 23. Je m’aligne et je décolle rapidement, le circuit s’étant considérablement vidé. Je sors par le Nord puis me dirige vers les cheminées de Porcheville. Je suis calme, serein, mes montées aux altitudes de palier se font tout naturellement, mon circuit visuel est impeccable (1 seconde dans le cockpit toutes les 5-7 secondes tout au plus pour confirmer les paramètres) et je me sens libre. J’en profite pour repérer l’aérodrome des Mureaux et regarder Pontoise au loin.

Bon, forcément, après avoir regarder un peu partout, je suis au final un peu perdu, je me dirige toujours vers les cheminées mais j’ai du mal à entrevoir où est situé Maule. Ma seule crainte est de rentrer dans le circuit de voltige d’Osmoy (un soukhoï a décollé pendant que j’étais au parking). Je décide donc de bifurquer dès maintenant, il s’avère après coup que j’ai tourné juste avant Maule et après Mareil-sur-Mauldre. Je repère le château et le zoo de Thoiry et viens me recaler comme il faut par rapport au circuit initial. Je passe au dessus du Safari Park puis file vers la N12 que j’aperçois au loin. Petit coup d’œil aux alentours pour voir si personne ne revient de l’Ouest ou du Sud et je prend la direction de l’incinérateur. J’annonce mon arrivée et mon intention de passer en verticale à 1800 pieds. En quelques dizaines de minutes, le circuit s’est de nouveau bien rempli et il y a 3 avions qui tournent.

Une fois à la verticale, je commence ma descente pour intégrer la vent arrière mais un avion annonce un toucher au même moment et se présente en montée initiale dans mes 3h. Je continue ma descente jusqu’à 1400 pieds mais me rends à l’évidence, ca ne passera pas ! Je remets les gaz, remonte vers 1800 pieds et m’annonce de nouveau en verticale terrain. Cette fois, la voie est libre, je peux intégrer la vent arrière. Je m’annonce pour un complet, il y a juste un autre avion en début de finale pour un complet également, ce qui devrait être bon. C’était sans compter sur un ULM qui est arrivé en base à quelques centaines de mètres devant moi. J’ai beau zigzaguer, et prendre des virages très larges, je me retrouve à quelques centaines de mètres de lui en finale, sachant qu’il effectuera un complet. Je prend donc la décision de remettre les gaz et je pars me réintégrer en vent traversier. Je m’annonce de nouveau en vent arrière et cette fois, je suis n°1 donc tout devrait être bon pour le complet. C’était la journée des non respectueux car en finale, alors que se passait bien, un avion intègre la courte finale après un circuit basse hauteur. J’ai beau me ré-annoncer et préciser à SY que je suis juste derrière en finale pour un complet et que ca ne passera pas, il s’annonce pour un toucher l’air de rien. Et là, mon Jean-Mimi national prend la parole sur la fréquence avec un ton assez clair « SY, remettez les gaz, mon élève est en solo derrière, remettez les gaz SY ». Cette fois ca semble faire tilt car SY remet les gaz et je peux me poser tranquillement. Tranquillement est un grand mot car j’ai ressenti une forte traction dans le manche (le compensateur était pourtant bien réglé) et mon atterrissage n’était pas des plus merveilleux, la roulette de nez a touché un peu plus fort que d’habitude mais rien de méchant au final.

Je libère la piste et je roule vers l’essence pour effectuer le plein puis repars vers le parking. Jean-Michel m’attend et m’aide rapidement à ranger l’avion car il est pressé. On plaisante de son intervention sur la fréquence mais il est assez énervé par l’instructeur qui s’est autorisé cela. Je passe rapidement un coup sur l’avion et remercie Jean-Michel qui est très heureux de mon sourire béat depuis que suis rentré.

Et c’est vrai que j’ai un sourire béat, je commence à me rendre compte que je viens d’effectuer mon premier vol local avec une bonne maîtrise des paramètres (à l’exception du premier repère à Maule). Je suis vraiment content de moi, content d’avoir effectué tous ces efforts, toutes ces heures de vol (pourries pour certaines) pour finalement arriver à ce résultat. A cet instant précis, je suis le plus heureux des hommes, j’ai juste envie de crier que je suis heureux. Je quitte alors l’aéroclub pour aller fêter ca, et voir, re-voir et re-re-voir la vidéo de ce vol.

20141014 – Solo local

Vidéo disponible en lien à télécharger uniquement car trop volumineuse pour être affiché dans le navigateur (pour WordPress)

Quelques points de repères :

  • 00:00 : Le chateau d’eau à 12h et Feucherolles à 02h
  • 00:20 : En dessous, la D307 qui va jusqu’à Mareil sur Maudre
  • 00:56 : Une zone secrète à 13h, les Alluets le Roi à 12h. On ne voit pas au loin, mais on a une vue sur les cheminées de Porcheville normalement
  • 02:40 : Maule à 03h (du mauvais coté puisque j’aurais du l’avoir à 09h :))
  • 04:35 : Le bassin du chateau de Thoiry à 10h puis la ville de Thoiry ensuite
  • 05:45 : Le Safari Park du zoo à 10h
  • 07:01 : Boissy-sans-Avoir à 10h
  • 07:26 : Boissy-sans-Avoir à 03h (beaucoup plus clair), Galluis et les étangs de Hollande au loin à 02h
  • 08:00 : Méré et la gare à 02h
  • 08:20 : Vicq à 02h et Saulx-Marchais à 10h. A 12h, on voit la fumée de l’incinérateur et dans le prolongement, on devine La Défense (qu’on voit parfaitement en vol, l’écart est dû au grand angle de la caméra)
  • 08h54 : Neauphle-le-Vieux à 02h, Neauphle-le-Chateau et Villiers-Saint-Frédéric à 01h. Un peu plus loin, toujours à 01h, Jours-Pontchartrain. Pour ceux qui connaissent, à 12h, sous le cone de l’hélice, on aperçoit la ligne SNCF qui remonte vers le Nord puis tourne directement l’incinérateur pour s’enfoncer vers Plaisir (entouré d’arbres).
  • 09:35 : Là on voit beaucoup mieux la voie de chemin de fer. Saint-Germain-de-la-Grange sous le capot du moteur et Beynes à 10h
  • 10:10 : Le fameux incinérateur de Plaisir, point de repère pour rentrer sur Chavenay (sous le capot du moteur) et Plaisir à 02h
  • 11:43 : Le terrain de Chavenay à 02h
  • 12:44 : Moi qui voit que je vais galérer quand je vois l’avion en toucher sur la piste 23 (point blanc visible à 02h)
  • 17:42 : Entrée de l’ULM dans le circuit (petit point blanc à 01h, juste sous les tours de La Défense, qu’on aperçoit enfin)
  • 18:55 : Remise de gaz pour pas emplafonner l’ULM
  • 22:50 : Arrivée de l’avion en courte finale à 11h (tout petit point blanc, limite visible)
  • 23:15 : Moi qui galère pour l’atterrissage…
  • 24:00 : Libération de la piste et annonce de mes intentions de rouler vers l’essence.

HdV : 1h00 / Total CDB : 2h08 / Total : 28h33 / Avion : DR400 F-BXRY

Publié le
Catégorisé comme PPL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *